Charte de bonne conduite relative au tourisme durable

Charte de bonne conduite relative au tourisme durable

Préambule

Considérant que de nombreux pays en développement, dont la République de Djibouti, reconnaissent le secteur touristique comme un levier stratégique pour stimuler la croissance économique,

Reconnaissant toutefois que le tourisme, bien que générateur de retombées économiques positives, peut également entraîner des impacts socioculturels et environnementaux indésirables s’il n’est pas encadré de manière adéquate,

Soulignant la nécessité d’une réflexion approfondie pour promouvoir un modèle de développement touristique durable, visant à concilier croissance économique, préservation de l’environnement et respect des communautés locales,

Affirmant que la République de Djibouti, bien que disposant d’un secteur touristique modeste et peu structuré à ce jour, s’engage, à travers l’Agence Nationale du Tourisme (ANT), à impulser une nouvelle dynamique de développement en conformité avec les principes du tourisme durable,

Réaffirmant que cette initiative s’inscrit dans le cadre des engagements internationaux, tels que les Objectifs de Développement Durable (ODD), le Code Mondial d’Éthique du Tourisme de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), et les conventions de l’UNESCO et de l’UICN,

Appelons les parties prenantes du secteur à adopter des pratiques responsables et durables, afin de contribuer positivement au développement socio-économique de la République de Djibouti tout en préservant son environnement naturel et son patrimoine culturel.

1. Le développement touristique doit reposer sur des critères de durabilité ; il doit être supportable à long terme sur le plan écologique, viable sur le plan économique et équitable sur le plan éthique et social pour les populations locales. Le développement durable est un processus encadré visant une gestion globale des ressources afin d’en assurer la durabilité, tout en permettant de préserver notre capital naturel et culturel, y compris les espaces protégés. Une bonne gestion du tourisme doit donc garantir le caractère durable des ressources dont cette activité dépend.

2. Le tourisme doit contribuer au développement durable, en s’intégrant dans le milieu naturel, culturel et humain ; il doit respecter les équilibres fragiles qui caractérisent de nombreuses destinations touristiques, en particulier les petites îles et les zones écologiquement fragiles. Les incidences du tourisme sur les ressources naturelles et sur la biodiversité doivent prévenues, évitées ou voir même annihilées.

3. L’activité touristique doit considérer ses effets induits sur le patrimoine culturel et sur les éléments, les activités et la dynamique traditionnels de chaque population locale. La reconnaissance de ces facteurs locaux et le soutien de leur identité, de leur culture et de leurs intérêts doivent être des points de référence incontournables lors de la conception des stratégies touristiques.

4. La contribution active du tourisme au développement durable présuppose nécessairement la solidarité, le respect mutuel et la participation de tous les acteurs, du secteur public et privé, impliqués dans le processus. Cette concertation doit se baser sur des mécanismes efficaces de coopération à tous les niveaux : local, national, régional et international

5. La préservation, la protection et la mise en valeur de la richesse du patrimoine naturel et culturel offrent un cadre privilégié pour la coopération. Cette approche implique que tous les responsables relèvent ce véritable défi qu’est l’innovation culturelle, technologique et professionnelle, et concentrent leurs efforts pour créer et mettre en œuvre des instruments de planification et de gestion intégrés.

6. Les critères de qualité visant à assurer la préservation de la destination touristique et le degré de satisfaction du touriste, critères définis de manière conjointe avec les populations locales et basés sur les principes du développement durable, doivent être des objectifs prioritaires lors de la formulation des stratégies et des projets touristiques. Afin d’instaurer un mécanisme systémique de protection de l’environnement et de la biodiversité dans les sites touristique, sous la supervision de l’ANT doit mettre en place un label pour valoriser le travail des opérateurs soucieux d’un tourisme responsable et durable. Un « ECOLABEL» qui valorise le travail des acteurs du tourisme (Guide, opérateurs, les sites touristiques etc.) écoresponsable et soucieux de la protection des ressources naturelles et de biodiversité.

7. Pour participer au développement durable, le tourisme doit se baser sur l’éventail de possibilités qu’offre l’économie locale. Les activités touristiques doivent pleinement s’intégrer dans l’économie locale et contribuer de manière positive au développement économique local.

8. L’ANT et les autorités locales doivent soutenir et accompagner des actions de planification intégrées du développement touristique en partenariat avec les parties prenantes (opérateurs, les populations locales et la société civile) pour contribuer au développement du tourisme durable.

9. Les régions vulnérables, aujourd’hui et à l’avenir, du point de vue de l’environnement et de la culture, doivent être considérées comme prioritaires pour la coopération technique et les aides financières en vue d’un développement touristique durable.

10. Le rôle et les effets sur l’environnement du transport lié au tourisme doivent faire l’objet d’une attention particulière. Afin de minimiser les plus possible l’empreinte carbone, il convient dans ce sens de créer des instruments et de prendre des mesures qui permettront de réduire la part des énergies et des ressources utilisées non renouvelables, et d’encourager les mesures visant à recycler et à réduire les déchets engendrés dans les installations touristiques. 

11. l’ANT, l’industrie, et les Opérateurs touristiques doivent encourager et participer à la création de réseaux accessibles de recherche, de diffusion d’information, et de transfert de connaissances et de technologies appropriées en matière de tourisme durable.

12. Afin de lutter contre l’exclusion sociale et les discriminations, l’ANT, l’industrie du tourisme, les opérateurs et les gérants des installations touristiques doivent encourager l’insertion des personnes handicapées à travers l’adaptation des services et l’inclusion professionnelle. Aussi, pour assurer l’équité et l’égalité sociale dans le secteur du tourisme, la promotion du genre doit être incluse dans la formulation de la stratégie et des projets.

13. Il est particulièrement important de veiller à l’éthique professionnelle dans le secteur du tourisme conformément au code mondial d’éthique du tourisme. A cet effet, les autorités du pays d’accueil et tous les intervenants dans le secteur touristique, doivent sécuriser et protéger les enfants contre l’exploitation sexuelle. Ils doivent aussi protéger les touristes étrangers contre toute forme d’atteinte à leurs intégrités physiques. Car les touristes étrangers et les enfants, du fait de leurs statuts sociaux sont des personnes vulnérables. Par conséquent, leurs vulnérabilités leurs confèrent une attention particulière. 

14. Toutes les mesures nécessaires pour informer et favoriser la prise de conscience de l’ensemble des parties intervenant dans l’industrie touristique, qu’elles soient locales, nationales, régionales ou internationales, sur le contenu et les objectifs de la Charte, doivent être mises en œuvre.

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